Le corps d’une femme enceinte subit des transformations mécaniques et hormonales pour permettre le développement du fœtus et préparer le passage de la vie. Le bassin, structure osseuse complexe, doit passer d’un état de stabilité rigide à une souplesse adaptative. Comprendre son fonctionnement aide à réduire les douleurs quotidiennes et à aborder l’accouchement avec plus de sérénité.
L’anatomie dynamique : quand le bassin change de rôle
Le bassin n’est pas un bloc d’os soudés. Il se compose de plusieurs pièces, dont les deux os iliaques, le sacrum et le coccyx, reliées par des articulations et des ligaments. Pendant la grossesse, cette architecture devient dynamique sous l’influence d’un cocktail hormonal.
Le rôle de la relaxine
Dès le premier trimestre, l’organisme sécrète de la relaxine. Cette hormone assouplit les tissus conjonctifs, notamment les ligaments de la symphyse pubienne et des articulations sacro-iliaques. Cette souplesse est indispensable pour que le bassin puisse s’élargir lors de l’expulsion. Toutefois, cette hypermobilité peut devenir une source d’inconfort, car les muscles doivent compenser le manque de stabilité ligamentaire, provoquant parfois des tensions intenses.
Nutation et contre-nutation : les clés du passage
Pour que le bébé progresse dans le canal de naissance, le bassin effectue deux mouvements fondamentaux. La nutation voit le haut du sacrum basculer vers l’avant, ce qui réduit l’entrée du bassin mais élargit la sortie. La contre-nutation correspond au mouvement inverse, où le haut du sacrum recule, élargissant l’entrée du bassin pour aider la tête du bébé à s’engager. Savoir mobiliser ces articulations durant la grossesse permet de conserver une souplesse optimale pour le jour de l’accouchement.
Soulager les douleurs pelviennes et le syndrome de Lacomme
Près d’une femme enceinte sur deux ressent des douleurs au niveau du bassin. Ces sensations de tiraillement ou de pesanteur sont souvent regroupées sous le terme de douleurs ligamentaires pelviennes.

Identifier le syndrome de Lacomme
Le syndrome de Lacomme touche environ 20 à 30 % des femmes enceintes. Il se manifeste par une douleur localisée au niveau du pubis, irradiant parfois vers l’intérieur des cuisses ou le bas du dos. Il s’agit d’une distension des ligaments pubiens, particulièrement marquée lors de la marche, de la montée d’escaliers ou des changements de position dans le lit.
Imaginez la symphyse pubienne comme une pièce dont les deux moitiés, habituellement soudées, glissent l’une contre l’autre. Ce micro-mouvement, nécessaire à l’ouverture future, crée une instabilité que le cerveau interprète comme un signal d’alerte. En visualisant ces deux versants du bassin comme des partenaires qui apprennent à bouger séparément, on change de perspective sur la douleur. Ce n’est pas un dysfonctionnement, mais une adaptation active qui nécessite un soutien musculaire pour retrouver son équilibre.
Conseils pour stabiliser le bassin au quotidien
Pour limiter ces douleurs, quelques réflexes simples sont utiles : évitez de rester debout en appui sur une seule jambe, gardez les genoux serrés lors des rotations dans le lit, portez une ceinture de maintien pelvien si les douleurs deviennent invalidantes lors de la marche, et consultez un ostéopathe spécialisé en périnatalité pour lever les blocages mécaniques.
4 exercices de mobilité pour préparer l’accouchement
Maintenir la mobilité du bassin est primordial. Une routine de 10 minutes par jour peut transformer votre confort de fin de grossesse. Voici quatre exercices sans risque à pratiquer chez soi.
1. La bascule du bassin (le « chat-vache »)
En position quatre pattes, les mains sous les épaules et les genoux sous les hanches, inspirez en laissant le dos se creuser légèrement, puis expirez en arrondissant le dos tout en rentrant doucement le nombril. Ce mouvement libère les tensions sacro-iliaques et mobilise le sacrum.
2. Les cercles sur ballon de gymnastique
Assise sur un ballon, les pieds à plat au sol, effectuez des rotations douces du bassin dans un sens, puis dans l’autre. Le ballon décharge le poids du corps tout en sollicitant les muscles profonds du périnée et de la sangle abdominale. C’est un exercice efficace pour favoriser la descente du bébé.
3. L’étirement du psoas
Le psoas est un muscle qui relie les vertèbres lombaires au fémur. S’il est trop tendu, il peut verrouiller le bassin. En position de fente basse, un genou au sol et l’autre jambe pliée devant, avancez doucement le bassin vers l’avant en gardant le buste droit. Maintenez 30 secondes de chaque côté pour libérer de l’espace pour le fœtus.
4. La posture de l’enfant élargie
À genoux, écartez les genoux plus largement que le bassin et joignez les gros orteils. Posez les fesses sur les talons et étirez les bras loin devant en posant le front au sol. Cette posture permet une ouverture passive du détroit supérieur et offre une détente profonde au bas du dos.
Tableau récapitulatif : Symptômes et solutions
| Symptôme | Cause probable | Solution conseillée |
|---|---|---|
| Douleur vive au pubis | Syndrome de Lacomme | Ceinture pelvienne, éviter les mouvements asymétriques |
| Lourdeur bas du dos | Cambrure, poids de l’utérus | Bascule du bassin, limiter le port de charge |
| Bassin « bloqué » | Manque de mobilité sacro-iliaque | Rotations sur ballon, ostéopathie |
| Bébé haut à 9 mois | Détroit supérieur peu sollicité | Marche, postures d’ouverture |
L’apport des modèles anatomiques dans la préparation
Il est parfois difficile de visualiser les changements internes. De nombreuses sages-femmes utilisent des modèles anatomiques de bassin lors des cours de préparation à la naissance. Ces maquettes permettent de comprendre physiquement comment le bébé doit pivoter.
En observant une coupe médiane du bassin au 9e mois, on réalise l’importance de la posture. Si la future maman reste allongée sur le dos, le sacrum est bloqué contre la table, ce qui réduit le diamètre de sortie. À l’inverse, des positions mobiles, comme accroupie ou à quatre pattes, permettent au coccyx de reculer librement, offrant un passage plus large au nouveau-né. L’éducation à l’anatomie est un outil concret de réappropriation de son accouchement.
Le bassin de la femme enceinte est une structure d’une grande intelligence biologique. En acceptant sa souplesse grâce à la relaxine et en l’accompagnant par des exercices de mobilité, il est possible de vivre une grossesse plus confortable et de faciliter le travail le jour de la naissance.
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